Nous émettons dans l’atmosphère environ deux fois plus de carbone que n'en absorbent les océans et les écosystèmes terrestres, ce qui provoque le réchauffement global de la planète, générant lui-même des désordres météorologiques.

Le carbone est présent partout dans la machine Terre: dans l’atmosphère avec le gaz carbonique et le méthane (deux des principaux gaz à effet de serre dont la présence assure initialement une température propice à la vie) ; dans les océans avec les carbonates, les bicarbonates, mais aussi avec les coquilles d’animaux et les organismes vivants ; sur la terre avec les végétaux, les animaux, les hommes ; sous la terre, avec la flore et la faune souterraine, avec l’humus, avec le calcaire ou encore avec les combustibles fossiles, pétrole, charbon et gaz.

Les échanges -absorptions et évacuations- de carbone entre ces différents compartiments du système Terre sont permanents, à des échelles de temps très variables. Il s’agit notamment de la photosynthèse en ce qui concerne les plantes terrestres et le phytoplancton dans la mer, de la respiration en ce qui concerne les êtres vivants dont les hommes, de la fermentation en ce qui concerne les végétaux et les animaux morts, de la calcification en ce qui concerne certains animaux marins, de la fossilisation en ce qui concerne les hydrocarbures, du ruissellement et des mouvements tectoniques en ce qui concerne la masse terrestre, ou encore des courants verticaux et des vents en ce qui concerne la masse océanique.

Nous avons rompu une situation de relative stabilité climatique

Que dirait aujourd’hui le bilan global de ces échanges, sans tenir compte des activités humaines liées aux énergies fossiles et à la déforestation ? Ce bilan dirait que la tendance est plutôt, à l’échelle d’une vie humaine, à une relative stabilité, non à une hausse exponentielle –la tendance actuelle. En effet, d’abord les paramètres « naturels » de changement du climat (situation astronomique de la Terre, éclairement du soleil, activité volcanique…) ne montrent pas à ce jour d’avertissements particuliers. Au début du 21e siècle, le GIEC voyait même une influence négative des deux principaux « facteurs naturels » pour les dernières décennies : rayonnement solaire et aérosols volcaniques. Ensuite, les océans et les écosystèmes terrestres fonctionnent jusqu’alors comme des puits, c’est-à-dire qu’ils aspirent plus de carbone qu’ils n’en émettent.  Ils ont donc au contraire tendance à faire diminuer le stock de carbone atmosphérique, d’une quantité actuellement de l’ordre de 5 milliards de tonnes équivalent carbone  par an.

Mais nous, nous émettons actuellement, principalement avec l’utilisation du pétrole, du charbon et du gaz, environ 10 milliards de tonnes équivalent carbone. Et nous avons de la chance: au fur et à mesure que nos émissions ont augmenté, l'absorption de CO2 a elle aussi progressé, passant d'environ 3 milliards de tonnes de carbone dans les années 1960 à plus ou moins 5 milliards maintenant. Malgré tout, nous stockons donc toujours plus de carbone dans l’atmosphère, ce qui a rompu la précédente situation de relative stabilité. C’est la cause du réchauffement global et de la météo chaotique qu’il peut générer : tempêtes à répétition, pluies intenses, sécheresses et même grands froids...

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