Nos rejets anthropiques de CO2 peuvent déclencher des phénomènes naturels d’amplification des émissions de gaz à effet de serre ainsi que de puissantes retroactions.

La hausse de la température à la surface de la planète a des effets amplificateurs sur elle-même. La glace, notamment celle des pôles et des glaciers, du fait de sa couleur blanche (de son albédo), a en effet la particularité de renvoyer directement la lumière du soleil vers l’espace. Cette énergie, cette chaleur n’est pas retenue par les gaz à effet de serre. Mais, faites fondre les glaces comme actuellement vers le Pôle Nord et, au même endroit, la Terre ne va plus renvoyer la lumière, mais l’absorber et la retransmettre dans l’atmosphère sous forme d’infrarouges qui, eux, seront piégés par les gaz à effet de serre, ce qui va accentuer encore plus le réchauffement, ce qui va faire fondre plus de glace et ainsi de suite. Cela s’appelle « une rétroaction positive ».

Un risque, c’est que ce type de retroaction débouche sur d’autres rétroactions. Des chercheurs, notamment américains, étudient par exemple les liens qui pourraient exister entre la fonte des glaces et un éventuel développement des irruptions volcaniques. Postulat de base : le poids de la glace stabiliserait les énergies telluriques…

Un cauchemar nommé hydrate de méthane

Autre objet d’études en cours : une augmentation suffisante du thermomètre serait en mesure de déstocker du carbone actuellement prisonnier en énorme quantité dans les sols gelés « en permanence » aux hautes latitudes (le pergélisol) et aux fonds des océans. Il s’agit du carbone contenu dans l’hydrate de méthane, cristal d’eau et de méthane qui se forme à basse température ou à haute pression.

Le raisonnement est le suivant : faites monter la température dans certains fonds de l’océan, faites dégeler le pergélisol vers le Pôle Nord et le cristal finira par redevenir méthane, puissant gaz à effet de serre, ou bien son corolaire le CO2. Si des hydrates de méthane rejoignent l’atmosphère, un risque supplémentaire est identifié : la destabilisation des gisements d’hydrate de méthane des océans pourrait provoquer des glissements de terrain et, par voie de conséquence, des tsunamis… 

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