Alors que le mois de mai 2015 a établi un nouveau record de concentration atmosphérique de dioxyde de carbone à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï avec 403,94 ppm, l’index des gaz à effet de serre de l’agence américaine NOAA évalue à 481 ppm équivalent CO2 la concentration totale des gaz à effet de serre pour l'année 2014. Or, à l’horizon 2100, la barre de 480 ppm équivalent CO2 marque, selon les données du GIEC, le seuil au-delà duquel la probabilité de rester dans la limite des +2°C de réchauffement va assez rapidement diminuer. Et le seuil qui sonne le glas pour l'espoir d'un réchauffement de moins de +1,5°C.

Il n’y a pas eu de miracle: la concentration atmosphérique de CO2 a une nouvelle fois dépassé son record mensuel à l’Observatoire de Mauna Lo d’Hawaï, référence en la matière. Elle a atteint une moyenne de 403,94 ppm (parties par million) pour le mois de mai, ce qui bat le précédent record de 403,26 ppm établi en avril. C'est 2,15 ppm de plus qu’en mai 2014, précédent record avant 2015.

La vitesse de la concentration du CO2 a augmenté de près de 40% depuis la dernière décennie du XXème siècle

Lissées sur 10 ans, les augmentations moyennes mensuelles de la concentration atmosphérique de gaz carbonique ont systématiquement été supérieures ou égales à 2 ppm par an, pour tous les mois de l’année, depuis octobre 2010. Ces augmentations sont régulièrement au dessus de 2,1 ppm depuis l’an passé. Par comparaison, elles étaient de l’ordre de 1,5 – 1,6 ppm entre 1990 et 1999. La vitesse de la concentration de CO2 a donc augmenté de près de 40% depuis la dernières décennie du XXème siècle. Elle a même plus que doublé depuis 1970.

A cette allure, des moyennes mensuelles de 410 ppm devraient être atteintes dans seulement trois ans. En moyenne journalière, la barre des 410 ppm sera au moins approchée dès 2017. L’actuel record journalier à l’observatoire de Mauna Loa est en effet de 404,84 ppm. Il a été établi le 13 avril dernier.

De 480 à 530 ppm équivalent CO2, limiter le réchauffement global à +2°C passe assez rapidement du stade "probable" au stade "improbable", selon les données du GIEC. A la vitesse actuelle, les 530 ppm seront en vue dans une quinzaine d’années

SI l’on ajoute les effets des autres gaz à effet de serre, on arrive désormais pour 2014 à une concentration totale de 481 ppm équivalent CO2, selon l’index IGGA des gaz à effet de serre de l’agence américaine NOAA (National Oceanic et Atmospheric Administration). Or les données du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) montrent que pour maintenir le réchauffement global de manière “probable” dans la limite de +2°C, il est nécessaire de viser une concentration de 430 à 480 ppm à l’horizon 2100.

Dès à présent, outre les spéculations de la géo-ingénierie, il apparaît donc mathématiquement impossible d’y arriver sans préalablement décider de se défaire du pétrole, du charbon et du gaz, et en laissant ensuite les écosystèmes terrestres et les océans pomper le surplus de gaz à effet de serre que nous aurons émis (s’ils veulent bien continuer à le faire) pour nous ramener en dessous de ce seuil.

Dans son dernier rapport, le GIEC estime cependant qu’avec 480 à 530 ppm équivalent CO2 en 2100, nous avons toujours plus de chances d’être en-dessous de +2°C qu’au-dessus, mais que si nous dépassons les 530 ppm pour ensuite revenir dans la fourchette 480-530, nous aurons alors autant de chances d’être au-dessus qu’en-dessous des +2°C. Enfin, au-delà de 530 ppm, rester dans la limite d’un réchauffement de +2°C deviendra de plus en plus improbable. A la vitesse actuelle, les 530 ppm équivalent CO2 seront en vue dans une quinzaine d’années.

Limiter le réchauffement à moins de +1,5°C... Fin du rêve

Et pour stabiliser le réchauffement global en-dessous de +1,5°C, seuil qui revient sur la table à l’approche de la Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques devant avoir lieu à Paris en décembre (COP21), quelle concentration faudrait-il viser ?

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