L'économie circulaire a de l'avenir. Une étude réalisée par le CREDOC souligne que « le souhait de changer la société en profondeur n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui », que « le rapport à la propriété des objets évolue, y compris dans le domaine du logement » et que « 73% des Français estiment que la crise actuelle va durablement affecter leur manière de consommer ».
Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) a mené, à la demande de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) une étude sur les Français et l’économie circulaire. Les résultats ont été donnés à l’occasion des 1ères assises de l’économie circulaire. Résultat : cette nouvelle approche de l’économie, prenant en compte les ressources et leurs limites dans son fonctionnement, est bien « susceptible de rencontrer un écho favorable dans l'opinion ».
Analysant les évolutions du comportement des Français face au développement de l'économie circulaire, l’étude précise que 82% déclarent trier la plupart de leurs déchets pour le recyclage, 51% déclarent choisir des produits avec peu d'emballages, 54% font réparer leurs appareils électroménagers, hi-fi et vidéo plutôt que d'en acheter de nouveaux, 75% ont acheté des produits d'occasion en 2012.
Selon l'étude, on doit avant tout ces évolutions au souhait de faire des économies. « Les déterminants principaux de l’acte d’achat restent la qualité et le prix des produits, avant la dimension écologique », précise le CREDOC. Ce qui ne veut pas pour autant dire que les considérations écologiques sont absentes : « Les comportements relevant de l’économie circulaire sont beaucoup plus fréquents chez les ménages ayant une sensibilité écologique marquée », complète le centre de recherche.
Bénéficier de conditions de logement confortables plutôt qu’être forcément propriétaire
« Force est de constater que beaucoup de choses ont changé au cours des dernières décennies : les citoyens savent que les ressources ne sont pas inépuisables, ils sont animés du souci de ne pas les gaspiller, la conscience écologique gagne du terrain et, même si les changements sont lents, ils s’inscrivent dans des mouvements longs, indépendamment des cycles économiques », analyse-t-il.
Mieux encore: « 88% des Français pensent aujourd'hui que la société a besoin de se transformer profondément, contre 70% en 1984. Le souhait de changer la société en profondeur n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui, depuis 35 ans que cet indicateur est suivi », affirme encore le CREDOC qui ajoute : « Une nouvelle façon de penser le circuit économique est susceptible de rencontrer un écho favorable dans l’opinion, d’autant que les trois quarts des Français croient à l’idée que la protection de l’environnement peut constituer un moteur de la croissance ». Et d‘autant aussi que « 73% des Français estiment que la crise actuelle va durablement affecter leur manière de consommer » et que « le rapport à la propriété des objets évolue, y compris dans le domaine du logement : même si le souhait de devenir un jour propriétaire de son logement est très prégnant, les Français pensent qu’il est plus important que chacun puisse bénéficier de conditions de logement confortables à un coût raisonnable (82% des suffrages), plutôt que tout le monde puisse être propriétaire (18%). »